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Stages Miam-miam :
 atelier de cuisine sur les épices |  au large de Montpellier, au pieds de l'Aigoual |  dans une vielle magnanerie du XVIe siècle |
Le bon goût de la vie épicée
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Vous voyez les montres molles de Dali ? Eh bien ici, dans mon village des Cévennes, entre deux stages d'initiation aux épices, je vois passer de plus en plus de gens, souvent d’anciens urbains stressés, à pieds ou à dos d’âne mais lentement (ici on est dans les pas de Stevenson) au pas des ânes, qui ont réglé leur vie à cette heure alanguie, apaisée, soulagée.
Ni babas, ni bobos, juste des voyageurs descendus pour de bon du Train à Grande Vitesse, des marcheurs, oh lala, plein de randonneurs ! De plus en plus de marcheurs, quinze millions en France, parait-il, qui vont leur petit bonhomme de chemin, cueillent des champignons, ramassent des fleurs; des jardiniers - des jardinières souvent - pour le plaisir.
Le plaisir de cultiver, de bien manger, pas de l'en-boîte-surgelé-vite-micro-onde, non, de la jardinière, des petits légumes qu'on a regardés pousser, et pour lesquels, on vient me demander un conseil ou une pincée d'épices magiques. C'est comme une grande vague tranquille, mousseuse, une vague de luxe, celles des insurgés paisibles, des fuyards qui ont quitté les grandes villes pour les gros bourgs ; Qui prennent leurs temps c'est à dire leur liberté.
La vague, je la vois friser jusque dans ma cuisine en grosses pierres, sous sa voûte du XIIe siècle;
Forcément, marcher, ça creuse; les légumes, une fois cultivés, on a envie de les mijoter, mitonner, aux petits oignons, au curry, au safran, au paprika et au cumin; au wok pour être plus diététique ; les champignons, on a envie des les relever d'une pointe d’ail de gingembre et de coriandre.
Mes stagiaires, ils ne dévorent pas, ils dégustent, ils savourent. Ils ne regardent pas la télé en mangeant, ils parlent et boivent un coup. Ils n'ont pas mal à l'estomac d'avoir avalé leur assiette, ils se sentent légers pour une sieste sous les ifs centenaires du jardin.
Bon, j'exagère, mais il parait qu'il faut dire souligner les choses pour être entendu. Les stagiaires de Miam-Miam, vous l'aurez compris, ce n’est pas des amateurs de fast-food, ni des "battants" et des "winners" surexcités avec trois grains blancs sur le bout du nez; c’est plutôt des gens qui soignent leurs plaisirs, des couples qui se font un cadeaux, des familles qui se retrouvent pour un week-end autour de bon petits plats que je les aide à succuler.
Je ne sais pas jusqu'où ira la vague, mais pour le moment on est de plus en plus nombreux à glisser dessus, tranquilles, en regardant le soleil se coucher et le paysage autour. Du gite ou vous dormirez vous contemplerez une vue à 60 km à vol d’oiseau sans apercevoir un seul bâtiment construit par l’homme.
Bienvenue à bord, quand vous voudrez.
Patrick du Cros
Capitaine de la cambuse ….
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